J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout, Il n’est rien qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. Jean de La Fontaine

dimanche 2 novembre 2014

10 ans après sa sortie,

avons regardé "l'enfant", des frères Dardenne. Palme d'or à Cannes en 2005.

























Au début on s'est demandé ce qu'ils avaient fumé, à Cannes, pour attribuer la timbale dorée à ce film. Puis, la deuxième moitié rend les personnages plus complexes, et on se demande ce qu'il faut penser de ce grand gamin, papa trop tôt, qui va vendre son enfant au milieu d'autres trafics de trucs volés dont il fait sa vie.
Dans les bonus, les frères réalisateurs expliquent que c'est pendant un tournage précédent qu'ils avaient eu l'idée de prendre l'histoire d'une très jeune mère comme sujet. Toute l'équipe avait remarqué une jeune femme qui poussait un landau de façon vraiment brutale. Ils se demandaient même s'il y avait un bébé dedans. Or oui. Cette personne était venue plusieurs fois, mais n'avait jamais communiqué avec les gens du tournage. Leur sujet au départ (une jeune maman que sa maternité précoce fait enrager...) n'était donc pas exactement ce qu'ils en ont fait au final.

Les deux acteurs principaux sont superbes.















Deborah François et un des 40 bébés qui se sont succédé pour ne traumatiser personne...



















Avec Jérémy Rénier, qui joue le père imprévu et imprévisible...

Et qu'importe que le film soit moyen quand on est en bonne compagnie ?








Bougon, avec joie

C'est dans les Deux-Sèvres, près de St Maixent l'Ecole. Il y a là une nécropole de l'époque néolithique. 6 tumulus abritant 9 chambres où ont été retrouvés des tas de types inhumés entre -5000 et -3000 ans. Donc 2000 ans d'occupations successives. Parfois, les croque-morts de l'époque ont évacué les restes des dépôts précédents, parfois, ils les ont recouverts de dalles avant d'installer leurs propres morts.

Une première donnée importante : les dolmens que l'on voit dans nos campagnes ont tous été un jour recouverts de terre, le plus souvent retenue par des murs de parement. Quand on ne voit plus que les pierres, c'est que tout a été retiré autour postérieurement. Ceci dit, rien n'interdit de penser que certains d'entre eux ont vu leur construction abandonnée et sont donc des constructions inachevées, mais l'objectif, semble t-il fut toujours d'en faire des tumulus.

C'est également un intéressant musée, et le centre d'études départementales des recherches sur le néolithique. Tout y est centralisé.
























Ils ont également bâti des propositions de restitution d'habitat de l'époque. Ce grand bâtiment, dont la taille est attestée par les résultats de fouilles effectuées dans la région, fait 44 x 11 mètres au sol. Seule la pente du toit (la hauteur des poteaux centraux) est une hypothèse.


























Les tumulus :


















Celui-ci, le tumulus A, est le plus vaste pour l'espace intérieur. C'est aussi le plus récent, et d'ailleurs, c'est une règle, pendant le néolithique, les chambres deviennent de plus en plus vastes. Celle-ci est double, coupée en deux par deux grandes dalles dont une touche la dalle de couverture.








































Dans ce couloir d'accès a été retrouvé un crâne trépané trois fois. Par deux fois, des traces de réossification autour du trou montrent que la personne y avait survécu...













































Crédit photo.

A Bougon, les tumulus sont de formes et de tailles différentes...








































Certaines fosses (ici les deux petites du tumulus B) n'ont ni couloir d'accès, ni dalle de couverture, ce qui laisse penser qu'elles avaient une charpente de bois à l'origine.



















Au bout de ce tumulus F très allongé (pourquoi est-il si long ?) se trouve une petite chambre -une des plus anciennes donc- dont la construction intérieure fait penser aux bories (les cabanes de bergers faites de pierres sèches) de nos campagnes périgourdines.

Tout ceci est fort bien. mais on n'oubliera que ces magnifiques constructions ont été relevées au XXème siècle, pour donner une idée de ce qu'elles pouvaient être à l'époque néolithique. Les pierres calcaires sont gélives, elles se fractionnent sous l'action du gel. Et tout a été retrouvé écroulé dans des tas informes. Sur ce coin de mur, à sa base, ils ont conservé une partie de l'appareillage d'origine. On voit bien comment elles se sont cassées, comparées à celles du dessus.



















Les bougonniers font également de l'archéologie expérimentale, pour valider des hypothèses quant aux techniques utilisées. Ici, comment déplacer un bloc de 30 tonnes ? Cela marche, mais la dalle du tumulus A pèse 80 tonnes...






vendredi 31 octobre 2014

Qui se souvient de Gwendal ?


Galway Bay by Gwendal on Grooveshark


Je pars à Noyac by Gwendal on Grooveshark


Jackson Morning by Gwendal on Grooveshark


Dinney's O'Brien by Gwendal on Grooveshark

Je me souviens (23)

de parties de Risk, ce jeu où il faut conquérir la terre entière, pays par pays et écraser la gueule des adversaires méthodiquement. C'était pendant des séjours à la neige, avec les copains, il y a des années de cela. Les problèmes surgissaient au moment de faire des alliances et des coalitions entre joueurs pour en éliminer d'autres, ou essayer de contrer leur expansion trop menaçante. Là le ton montait et la tension autour du plateau pouvait grimper d'un coup. Plusieurs fois, c'en était venu à des extrémités, des sentiments à la limite de ce que nos amitiés pouvaient endurer. Mais ces moments sont finalement
passés à la postérité, on les évoque presque chaque fois qu'on se retrouve, ils font partie de la légende de notre groupe, aujourd'hui.



























Lien vers Je me souviens (22).

jeudi 30 octobre 2014

Christian Petzold, réalisateur allemand

que je découvre à travers trois films. D'abord, deux histoires de femmes avec comme toile de fond l'histoire allemande contemporaine, les deux films parlent de la confrontation est-ouest, avant la réunification dans "Barbara", et dans un passé très récent pour "Yella"


Yella (2007), l'histoire d'une jeune femme quittant l'Allemagne de l'est et un mari à la dérive, pour refaire sa vie à l'ouest. Mais elle est perturbée par des images et des sons qui lui reviennent de son passé...






































Dans Barbara (2012), l'héroïne est surveillée par la STASI, elle est soupçonnée de vouloir passer à l'ouest. De fait, elle a un projet, un réseau de soutien clandestin, et tout est prévu. Mais la rencontre d'une adolescente en pleine crise va tout perturber...





































La même chouette actrice dans les deux films : Nina HOSS.
















Et dans les deux films une vraie chute surprise à la toute fin.

Le troisième film, que j'ai vu hier soir, a la même actrice vedette, toujours superbe. Elle incarne une forme de caractère inquiet, toujours en tension, sans cesse sur le qui-vive. Evidemment, les personnages féminins présentés dans ces trois films ont de bonnes raisons de manquer de sérénité.  Mais ce type de portrait psychologique lui convient parfaitement.
Et là encore une chute (au propre et au figuré) remarquable.

































Christian Petzold German director Christian Petzold poses with the Silver Bear for Best Director for his movie 'Barbara' at the Award Winners Photocall during day ten of the 62nd Berlin International Film Festival at the Grand Hyatt on February 18, 2012 in Berlin, Germany.



















Christian Petzold avec son ours d'argent pour "Barbara". 'Festival de Berlin 2012.




mercredi 29 octobre 2014

Quand Houellebecq n'est pas drôle,

il est carrément sinistre.

J'avais apprécié "la possibilité d'une île" (2005) et "la carte et le territoire" (2010), pour l'humour et une forme de second degré féroce et original, mais faisant un saut dans le passé et dans un livre qui avait pourtant été un succès de librairie (les particules élémentaires, 1998), je suis fort marri.
On y constate que l'obsession de l'auteur (je le savais déjà), c'est le thème de la déchéance physique (et la frustration sexuelle qui va avec) de l'Homme vieillissant (avec un grand H, ♀ et ♂ donc). Ressassé dans des tas de situations fictives inintéressantes (je n'ai même pas eu envie de distinguer les personnages, pourtant peu nombreux), ce constat l'aigrit de toute évidence. Je vais très vite, il n'y a pas que ça dans ce bouquin, mais pour moi, le reste est un justificatif, brillant dans la forme mais creux dans le fond. Le discours scientifique, rapproché des situations de la vie quotidienne évoquées, peut faire penser au propos du film d'Alain Resnais "mon oncle d'Amérique", mais en moins intéressant, à mon goût personnel que j'ai, bien sûr...
Par surcroit de déception, la lecture - de Guy Moign- que j'ai tenté d'ouïr (en mp3 sur un CD de la BM de Périgueux) jusqu'au bout est spécialement mauvaise, affreuse et repoussante même.

Je déconseille, il y a tant de belles choses enthousiasmantes dans la vie.

























Mais pour se consoler, le film est complet, là :










Vous l'avez entendu comme moi,

on ne peut plus rien entreprendre comme grands travaux, sans que montent immédiatement des protestations de toutes parts qui empêchent les innovations et les mises en chantiers de grande ampleur. (Suite à l'affaire du barrage de Notre Dame des mille vaches)

C'était encore le cas, ce matin sur France Inter, dans les propos de Bayrou.

Puis, un auditeur de l'interpeller sur la pertinence de création d'une connurbation Pau-Lourdes-Tarbes, avec mise en commun de services comme ça se fait dans les communautés de communes. Et voilà mon François d'acquiescer, en regrettant que, par exemple, deux aéroports distants de 25 km aient été construits par le passé, parce que, d'après le maire de Pau, "on ne pourra pas revenir en arrière, aucune ville n'acceptant de renoncer au sien..."

Il y a donc eu, dans ce cas, et c'est mon constat à moi, un défaut criant de protestataires qui auraient dû empêcher une telle connerie...


Mais pour apporter de l'eau à son moulin, voici un projet dont on n'entend guère parler, et qui a du plomb dans l'aile, sans qu'aucune grenade n'ait été balancée...

Hidalgo sans majorité pour la tour Triangle à Paris