J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout, Il n’est rien qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. Jean de La Fontaine
De retour d'Amérique du sud, j'ai souvent exprimé de l'affection pour les argentins croisés en chemin, je pense en particulier, avec tendresse, à Beto et sa famille qui m'ont accueilli pendant un mois dans la Patagonie des étoiles.
Mais j'ai aussi relevé, d'une façon générale, un goût immodéré chez les argentins pour les blagues moqueuses, souvent drôles (ils adorent blaguer), quelquefois à la limite du chambrage où l'humour et la bienveillance ont disparu.
Or, l'article qui suit montre que ce penchant pour une forme d'humour discutable serait présent jusqu'aux plus hautes sphères de l'état argentin...
Comme le suggère un commentateur chinois, on attend que Mme Kirchner apprenne la langue des Hans, pour constater -sans sourire- comment elle le prononce...
Il semblait que contrairement à l'Argentine où la période atroce de la dictature des colonels (1976-1983) a donné lieu à de multiples procès et condamnations de militaires ("Ni oubli ni pardon" peut-on lire sur les murs, comme ici dans le quartier de la Boca à Buenos Aires),
au Chili, le travail de mémoire ait été plus lent, plus difficile. D'une part, certaines personnes contestent le caractère sanglant de la dictature de Pinochet, en s'appuyant sur les chiffres des disparus, comparés à ceux qu'on évoque pour l'Argentine (40 000, contre "seulement" 4000 au Chili), d'autre part, l'héritage politique du général assassin de Allende n'est pas renié en bloc aujourd'hui encore, y compris par le personnel politique de droite. On l'a bien entendu lors des dernières élections présidentielles.
Or, il semblerait que cela bouge doucement sur ce front.
En septembre, on apprenait que les assassins de Victor Jara étaient recherchés par la justice chilienne.
Il est devenu le symbole des crimes terrifiants commis au Chili par
les putschistes du général Augusto Pinochet : Victor Jara, chanteur
populaire et compositeur, célèbre au-delà de l’Amérique latine, a été
tué, à 40 ans, à Santiago, cinq jours après le coup d’Etat contre le
socialiste Salvador Allende, le 16 septembre 1973. L’icône de « la nouvelle chanson chilienne »
était un artiste engagé, membre du Parti communiste chilien, qui
puisait son inspiration dans la vie quotidienne du petit peuple. Il fut
fusillé d’une rafale de mitraillette dans le stade de Santiago,
transformé en camp de détention et de torture. L’autopsie a montré plus
de 44 impacts de balles. Avant de le tuer, on lui écrasa les doigts à
coups de crosse et on lui coupa les mains. « Joue de la guitare maintenant », lui ont lancé ses bourreaux.
Les jours derniers, on apprenait que d'anciens responsables de la dictature, y compris des proches de Pinochet étaient arrêtés pour faits de torture et de meurtres.
Mémorial pour les disparus de la dictature de Pinochet (1973 - 1990), Santiago. Cristian Labbé, ancien maire de Santiago et ex-ministre et garde du corps d'Augusto Pinochet, a été arrêté, lundi 20 octobre, avec neuf autres anciens officiers chiliens. La justice chilienne l'accuse d'avoir fait partie d'une organistion illégale composée de policiers de militaires et de civils, coupables d'avoir torturé et tué treize opposants durant la dictature. "Nous sommes très choqués, car après enquête, il a été prouvé qu'il n'a jamais torturé personne, et il n'a pas commis de meurtre ", a affirmé l'avocat de Labbé, Cristian Espejo, qui a indiqué à une chaîne locale qu'il comptait demander sa mise en liberté. Les crimes ont été commis après le coup d'Etat du 11
septembre 1973 dans une caserne de San Antonio, à quelque 120 km à
l'ouest de Santiago, selon l'enquête judiciaire. La caserne Tejas Verdes
de San Antonio était un centre de détention et de torture redouté, où étaient formés les agents de la DINA, la police
secrète de la dictature, et où selon les témoignages recueillis par une
commission officielle, les détenus étaient frappés, torturés à
l'électricité, brûlés ou soumis à des simulacres d'exécution. 3 200 MORTS ET 38 000 DÉTENUS TORTURÉS Après avoir
pris sa retraite de colonel et été ministre sous la dictature, Cristian
Labbé, membre de l'aile droite de l'Union démocratique indépendante (UDI),
a été maire pendant seize ans du quartier de Providencia dans la
capitale, jusqu'en 2012. Il est connu comme un ardent partisan du
dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) dont il a été un temps garde du
corps. La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait
plus de 3 200 morts et plus de 38 000 détenus ont été torturés, selon
des chiffres officiels. Le général Pinochet est décédé en 2006, sans
jamais avoir été jugé. Début septembre, au moins 3 000 personnes avaient manifesté pour demander au gouvernement la fin de l'impunité pour les responsables de la répression durant la dictature militaire.
Même source.
Cette question mémorielle est un des symptômes d'une société chilienne en mutation.
On sent des aspirations nouvelles, des choses impensables il y a quelques années, sans doute liées au dynamisme économique. Les étudiants manifestent pour le droit aux études gratuites, le conservatisme religieux est ébranlé (coming out d'homosexuels), la société civile par le biais des syndicats réclame une réforme du droit du travail...
en France, personne ne semblait avoir entendu parler du fameux titanosaure argentin, dont la découverte fut annoncée en juin dernier, à l'époque où j'étais chez Beto, dans la patagonique chacra.
Je crois pouvoir dire, malgré toute la prudence qu'impose ma maîtrise relative de l'hispanophonie, que les médias argentins n'exprimaient aucune réserve ou doute, sur la véracité des propos archéologistes d'alors. La découverte avait été faite, by the way, dans une assez franche proximité d'El Bolson, où je résidais. La lecture de l'article éclaire l'ignorance de mes proches. Les spécialistes étrangers ont douté de la véracité des annonces des argentins.
Or voici qu'on clame d'autres découvertes de fragments énormes de ces bestioles, probablement les êtres vivants les plus grands qui eussent foulé la poussière terrestre...
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Une équipe de paléontologues a reconstitué le squelette presque complet d'un titanosaure de 26 mètres de long.
Il
vivait il y a 77 millions d’années tout au sud de l’Amérique du Sud et
pesait aussi lourd qu’une dizaine d’éléphants: une équipe de
paléontologues décrit ce jeudi un dinosaure gigantesque, dont le
squelette est «le plus complet» découvert jusqu’ici. Ce nouveau dinosaure, dont la description est publiée dans la revue Scientific Reports,
appartient à la famille des titanosaures, des dinosaures herbivores
géants, nombreux dans la région au Crétacé supérieur. Les scientifiques
estiment que l’animal au très long cou mesurait environ 26 mètres de
long, un peu plus qu’une piscine sportive (25 m), et pesait près de 60
tonnes. «Il pesait autant qu’une dizaine d’éléphants d’Afrique ou plus de sept Tyrannosaurus rex»,
le plus célèbre des dinosaures, explique Kenneth Lacovara, de
l’Université Drexel (Philadelphie, Etats-Unis), qui a découvert le
squelette fossilisé de l’animal dans le sud de la Patagonie, en
Argentine. Qui plus est, son squelette montre qu’il n’avait pas tout à
fait achevé sa croissance lorsqu’il est mort. «C’est de loin le
meilleur exemple que nous ayons de toutes les créatures les plus
gigantesques qui ont un jour marché sur notre planète», a estimé Kenneth Lacovara.
Au
cours de quatre campagnes de fouilles, entre 2005 et 2009, les
paléontologues ont réussi à retrouver plus de 70% des ossements, en
excluant les os de la tête, soit plus de 45% de l’ensemble du squelette.
Selon les chercheurs, c’est bien plus que les autres titanosaures
précédemment découverts.
Les scientifiques disposent
notamment de pratiquement tous les os des membres inférieurs et
supérieurs, dont un fémur d’1,80 mètre et un humérus. De quoi peindre un
portrait détaillé de l’animal et surtout de calculer avec une bonne
fiabilité ses mensurations impressionnantes.
Le nouveau géant a été baptisé Dreadnoughtus schrani, «dreadnought» signifiant «qui n’a peur de rien» en vieil anglais. Les «dreadnougths»
désignent aussi un type de cuirassé développé au début du siècle
dernier. Le terme «schrani» rend par ailleurs hommage à l’entrepreneur
Adam Schran qui a apporté son soutien aux recherches.
Pour atteindre sa taille impressionnante, Dreadnoughtus devait avaler chaque jour des quantités phénoménales de végétaux.
Kenneth Lacovara imagine un quotidien fait de quasi surplace. «Vous
avez un cou de 11 mètres de long équilibré par une queue de 9 mètres.
Sans bouger d’un pas, vous avez accès à une gigantesque réserve de
nourriture (...). Vous passez une heure à la nettoyer (...), puis vous
faites trois pas à droite et passez l’heure suivante à nettoyer la zone
d’à côté». «Les plus grands titanosaures restent un mystère parce que, dans presque tous les cas, leurs fossiles sont très incomplets», a souligné de son côté Matthew Lamanna (Musée Carnegie d’Histoire naturelle, Pittsburgh, Etats-Unis).
La
masse d’Argentinosaurus était par exemple comparable et même peut-être
supérieure à celle de Dreadnoughtus, mais on ne dispose que de peu
d’ossements. La Patagonie est une région fertile en découvertes
paléontologiques. A l’époque des dinosaures, la «pampa» argentine était
couverte d’arbres de plus de 15 mètres de haut capables de satisfaire
les besoins alimentaires des géants herbivores.
En mai
dernier, des paléontologues argentins avaient annoncé la découverte
d’une grande quantité de restes fossilisés d’un autre titanosaure qui,
selon eux, pouvait peser plus de 100 tonnes et mesurer 40 mètres. La
communauté scientifique internationale s’était toutefois montrée
prudente sur ces estimations.
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qui vient de sortir un bouquin présentant son travail des dernières années. Le projet s'appelle "Back to the future". Il s'agit de remettre à chaque fois une personne (ou plusieurs) dans la situation exacte où elle avait été saisie par une photographie, des années auparavant...
Un chouette travail de reconstitution, et de retouche, pour restituer l'atmosphère, les imperfections, les teintes des photos argentiques amateurs de l'époque..
Où l'on reconnaît immédiatement le quartier de Buenos Aires de La Boca...