J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout, Il n’est rien qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. Jean de La Fontaine
de parties de Risk, ce jeu où il faut conquérir la terre entière, pays par pays et écraser la gueule des adversaires méthodiquement. C'était pendant des séjours à la neige, avec les copains, il y a des années de cela. Les problèmes surgissaient au moment de faire des alliances et des coalitions entre joueurs pour en éliminer d'autres, ou essayer de contrer leur expansion trop menaçante. Là le ton montait et la tension autour du plateau pouvait grimper d'un coup. Plusieurs fois, c'en était venu à des extrémités, des sentiments à la limite de ce que nos amitiés pouvaient endurer. Mais ces moments sont finalement
passés à la postérité, on les évoque presque chaque fois qu'on se retrouve, ils font partie de la légende de notre groupe, aujourd'hui.
que je découvre à travers trois films. D'abord, deux histoires de femmes avec comme toile de fond l'histoire allemande contemporaine, les deux films parlent de la confrontation est-ouest, avant la réunification dans "Barbara", et dans un passé très récent pour "Yella"
Yella (2007), l'histoire d'une jeune femme quittant l'Allemagne de l'est et un mari à la dérive, pour refaire sa vie à l'ouest. Mais elle est perturbée par des images et des sons qui lui reviennent de son passé...
Dans Barbara (2012), l'héroïne est surveillée par la STASI, elle est soupçonnée de vouloir passer à l'ouest. De fait, elle a un projet, un réseau de soutien clandestin, et tout est prévu. Mais la rencontre d'une adolescente en pleine crise va tout perturber...
La même chouette actrice dans les deux films : Nina HOSS.
Et dans les deux films une vraie chute surprise à la toute fin.
Le troisième film, que j'ai vu hier soir, a la même actrice vedette, toujours superbe. Elle incarne une forme de caractère inquiet, toujours en tension, sans cesse sur le qui-vive. Evidemment, les personnages féminins présentés dans ces trois films ont de bonnes raisons de manquer de sérénité. Mais ce type de portrait psychologique lui convient parfaitement.
Et là encore une chute (au propre et au figuré) remarquable.
Christian Petzold avec son ours d'argent pour "Barbara". 'Festival de Berlin 2012.
J'avais apprécié "la possibilité d'une île" (2005) et "la carte et le territoire" (2010), pour l'humour et une forme de second degré féroce et original, mais faisant un saut dans le passé et dans un livre qui avait pourtant été un succès de librairie (les particules élémentaires, 1998), je suis fort marri.
On y constate que l'obsession de l'auteur (je le savais déjà), c'est le thème de la déchéance physique (et la frustration sexuelle qui va avec) de l'Homme vieillissant (avec un grand H, ♀ et
♂ donc). Ressassé dans des tas de situations fictives inintéressantes (je n'ai même pas eu envie de distinguer les personnages, pourtant peu nombreux), ce constat l'aigrit de toute évidence. Je vais très vite, il n'y a pas que ça dans ce bouquin, mais pour moi, le reste est un justificatif, brillant dans la forme mais creux dans le fond. Le discours scientifique, rapproché des situations de la vie quotidienne évoquées, peut faire penser au propos du film d'Alain Resnais "mon oncle d'Amérique", mais en moins intéressant, à mon goût personnel que j'ai, bien sûr...
Par surcroit de déception, la lecture - de Guy Moign- que j'ai tenté d'ouïr (en mp3 sur un CD de la BM de Périgueux) jusqu'au bout est spécialement mauvaise, affreuse et repoussante même.
Je déconseille, il y a tant de belles choses enthousiasmantes dans la vie.
on ne peut plus rien entreprendre comme grands travaux, sans que montent immédiatement des protestations de toutes parts qui empêchent les innovations et les mises en chantiers de grande ampleur. (Suite à l'affaire du barrage de Notre Dame des mille vaches)
C'était encore le cas, ce matin sur France Inter, dans les propos de Bayrou.
Puis, un auditeur de l'interpeller sur la pertinence de création d'une connurbation Pau-Lourdes-Tarbes, avec mise en commun de services comme ça se fait dans les communautés de communes. Et voilà mon François d'acquiescer, en regrettant que, par exemple, deux aéroports distants de 25 km aient été construits par le passé, parce que, d'après le maire de Pau, "on ne pourra pas revenir en arrière, aucune ville n'acceptant de renoncer au sien..."
Il y a donc eu, dans ce cas, et c'est mon constat à moi, un défaut criant de protestataires qui auraient dû empêcher une telle connerie...
Mais pour apporter de l'eau à son moulin, voici un projet dont on n'entend guère parler, et qui a du plomb dans l'aile, sans qu'aucune grenade n'ait été balancée...
d'Olonne, s'entend. Au MASC sans plume, le Musée de l'Abbaye Sainte-Croix.
Le cloitre a été récemment couvert d'une espèce de bulle translucide. L'artiste qui l'a inauguré en août dernier est Jean-Luc Favéro. Il y a posé ses bêtes de tôle.
Trouvé ça chouette, sauf les sacs de sable posés derrière les bestioles pour les empêcher d'écraser bêtement des visiteurs.
Il semblait que contrairement à l'Argentine où la période atroce de la dictature des colonels (1976-1983) a donné lieu à de multiples procès et condamnations de militaires ("Ni oubli ni pardon" peut-on lire sur les murs, comme ici dans le quartier de la Boca à Buenos Aires),
au Chili, le travail de mémoire ait été plus lent, plus difficile. D'une part, certaines personnes contestent le caractère sanglant de la dictature de Pinochet, en s'appuyant sur les chiffres des disparus, comparés à ceux qu'on évoque pour l'Argentine (40 000, contre "seulement" 4000 au Chili), d'autre part, l'héritage politique du général assassin de Allende n'est pas renié en bloc aujourd'hui encore, y compris par le personnel politique de droite. On l'a bien entendu lors des dernières élections présidentielles.
Or, il semblerait que cela bouge doucement sur ce front.
En septembre, on apprenait que les assassins de Victor Jara étaient recherchés par la justice chilienne.
Il est devenu le symbole des crimes terrifiants commis au Chili par
les putschistes du général Augusto Pinochet : Victor Jara, chanteur
populaire et compositeur, célèbre au-delà de l’Amérique latine, a été
tué, à 40 ans, à Santiago, cinq jours après le coup d’Etat contre le
socialiste Salvador Allende, le 16 septembre 1973. L’icône de « la nouvelle chanson chilienne »
était un artiste engagé, membre du Parti communiste chilien, qui
puisait son inspiration dans la vie quotidienne du petit peuple. Il fut
fusillé d’une rafale de mitraillette dans le stade de Santiago,
transformé en camp de détention et de torture. L’autopsie a montré plus
de 44 impacts de balles. Avant de le tuer, on lui écrasa les doigts à
coups de crosse et on lui coupa les mains. « Joue de la guitare maintenant », lui ont lancé ses bourreaux.
Les jours derniers, on apprenait que d'anciens responsables de la dictature, y compris des proches de Pinochet étaient arrêtés pour faits de torture et de meurtres.
Mémorial pour les disparus de la dictature de Pinochet (1973 - 1990), Santiago. Cristian Labbé, ancien maire de Santiago et ex-ministre et garde du corps d'Augusto Pinochet, a été arrêté, lundi 20 octobre, avec neuf autres anciens officiers chiliens. La justice chilienne l'accuse d'avoir fait partie d'une organistion illégale composée de policiers de militaires et de civils, coupables d'avoir torturé et tué treize opposants durant la dictature. "Nous sommes très choqués, car après enquête, il a été prouvé qu'il n'a jamais torturé personne, et il n'a pas commis de meurtre ", a affirmé l'avocat de Labbé, Cristian Espejo, qui a indiqué à une chaîne locale qu'il comptait demander sa mise en liberté. Les crimes ont été commis après le coup d'Etat du 11
septembre 1973 dans une caserne de San Antonio, à quelque 120 km à
l'ouest de Santiago, selon l'enquête judiciaire. La caserne Tejas Verdes
de San Antonio était un centre de détention et de torture redouté, où étaient formés les agents de la DINA, la police
secrète de la dictature, et où selon les témoignages recueillis par une
commission officielle, les détenus étaient frappés, torturés à
l'électricité, brûlés ou soumis à des simulacres d'exécution. 3 200 MORTS ET 38 000 DÉTENUS TORTURÉS Après avoir
pris sa retraite de colonel et été ministre sous la dictature, Cristian
Labbé, membre de l'aile droite de l'Union démocratique indépendante (UDI),
a été maire pendant seize ans du quartier de Providencia dans la
capitale, jusqu'en 2012. Il est connu comme un ardent partisan du
dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) dont il a été un temps garde du
corps. La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait
plus de 3 200 morts et plus de 38 000 détenus ont été torturés, selon
des chiffres officiels. Le général Pinochet est décédé en 2006, sans
jamais avoir été jugé. Début septembre, au moins 3 000 personnes avaient manifesté pour demander au gouvernement la fin de l'impunité pour les responsables de la répression durant la dictature militaire.
Même source.
Cette question mémorielle est un des symptômes d'une société chilienne en mutation.
On sent des aspirations nouvelles, des choses impensables il y a quelques années, sans doute liées au dynamisme économique. Les étudiants manifestent pour le droit aux études gratuites, le conservatisme religieux est ébranlé (coming out d'homosexuels), la société civile par le biais des syndicats réclame une réforme du droit du travail...
Le 14 juin 2013, la Commission européenne a obtenu mandat de la part de
tous les États membres pour négocier avec les États-Unis le Transatlantic free trade area (TAFTA).
Cet accord cherche à instaurer un vaste marché de libre-échange entre
l'Union européenne et les États-Unis, allant au-delà des accords de
l’OMC.
Ce projet de Grand marché transatlantique vise le démantèlement des
droits de douane restants, entre autres dans le secteur agricole, et
plus grave encore, la suppression des "barrières non tarifaires" qui
amplifierait la concurrence débridée et empêcherait la relocalisation
des activités. Il conduirait à un nivellement par le bas des règles
sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales,
aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Ainsi, la production de lait et
de viande avec usage d'hormones, la volaille chlorée et bien d’autres
semences OGM, commercialisées aux États-Unis, pourraient arriver sur le
marché européen. Inversement, certaines régulations des marchés publics
et de la finance aux États-Unis pourraient être mises à bas.
Cet accord serait un moyen pour les multinationales d'éliminer toutes
les décisions publiques qui constituent des entraves à l'expansion de
leurs parts de marché. Nous pensons tous que ce projet consacre la
domination des multinationales européennes comme américaines. Pour
certains il affirme également la domination des Etats-Unis. À coup sûr,
il asservirait les peuples des deux côtés de l’Atlantique.
Ce projet pourrait introduire un mécanisme d’arbitrage privé
« investisseur-Etat », qui se substituerait aux juridictions existantes.
Les investisseurs privés pourraient ainsi contourner les lois et les
décisions qui les gêneraient, permettant par exemple aux pétroliers
d'imposer en France l'exploitation des gaz de schistes et autres
hydrocarbures dits non conventionnels. Une telle architecture juridique
limiterait les capacités déjà faibles des États à maintenir des services
publics (éducation, santé, etc.), à protéger les droits sociaux, à
garantir la protection sociale, à maintenir des activités associatives,
sociales et culturelles préservées du marché, à contrôler l'activité des
multinationales dans le secteur extractif ou encore à investir dans des
secteurs d'intérêt général comme la transition énergétique.
Au-delà des échanges de marchandises, le Grand marché transatlantique
achèverait l’ouverture à la concurrence des échanges immatériels. Le
projet d'accord prévoit d'introduire de nouvelles mesures relatives aux
brevets, droits d'auteur, protection des données, indications
géographiques et autres formes de la dite « propriété intellectuelle »,
faisant revenir par la petite porte le défunt ACTA (Accord commercial
anti-contrefaçon), refusé en juillet 2012 par les eurodéputés, suite à
une large mobilisation des citoyens européens.
Discrètement, de puissants lobbies européens et transatlantiques sont
déjà à la manœuvre pour élaborer avec la Commission européenne, seule
autorité en charge des négociations au nom de tous les États membres,
les termes d'un éventuel accord d'ici 2015. À l'inverse, les citoyens,
les mouvements sociaux, les parlementaires européens, n'ont pas accès
aux informations sur les négociations en cours. Le secret sur les textes
limite également les capacités des pays en développement d'intervenir,
alors qu'un tel accord aurait des répercussions juridiques et sociales
sur l'ensemble du monde.
Le Grand marché transatlantique serait une atteinte nouvelle et sans
précédent aux principes démocratiques fondamentaux. Il ne ferait
qu’aggraver la marchandisation du monde, avec le risque de régressions
sociales, environnementales et politiques majeures. Nous avons réussi à
mettre en échec l’Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) en
1997, puis l'Accord commercial anti-contrefaçon en 2012, qui
comportaient les mêmes dangers. Citoyens et organisations de citoyens,
nous voulons à présent stopper tous ensemble le Grand marché
transatlantique et appelons à la mobilisation la plus large et la plus
diverse possible, en lien avec les autres mouvements européens et
états-uniens, pour contraindre notre gouvernement et l’Union européenne
de stopper ces négociations.
Organisations signataires : Au niveau national : Agir
pour l’environnement, Aitec-Ipam, Les Alternatifs, Amis de la
confédération paysanne, Amis de la Terre, Attac, Cedetim, Colibris,
Collectif citoyen les engraineurs, Collectif des associations
citoyennes, Collectif Roosevelt, Confédération paysanne, Convergence
citoyenne pour la transition énergétique, Convergences et alternative,
Copernic, Economistes atterrés, Ecologie sans frontières, Europe
écologie les verts, Faucheurs volontaires, Fédération pour une
alternative sociale et écologique, Fondations sciences citoyennes,
France Amérique Latine, FSU, GAïA SOS planète en danger, Gauche
anticapitaliste, Générations futures, Golias, Jeunes écologistes,
Mouvement de la paix, Mouvement des objecteurs de croissance, MPEP, NPA,
la Nouvelle école écologiste, Objectif transition, Parti de gauche,
PCF, Réseau action climat, Réelle démocratie maintenant (Indigné-e-s),
Réseau environnement santé, Solidaires national, Solidaires douanes,
Syndicat national des arts vivants, UFISC, Utopia Au niveau local :
Collectifs locaux anti-gaz de schiste Orb Taurou, Anduze, Pézenas,
Castelneau de Guers, Clapiers, Sète, Bassin de Thau, Vigan, Briard,
Florac, Montélimar Drôme Sud, Orb-Jaur, Roynac, Toulon, Béziers,
Campagnan, Haut-Bugey, Narbonnais, Corbières, Causse Méjean,
Jaujac-Ardèche-Lignon, Pays cigalois, Littoral 34, Ardèche, Ain, Pays
de Savoie et de l'Ain, Réseau Rhonalpin, Jura, Isère, Lot-et-Garonne,
Rhône, Var, Vaucluse, Houille-ouille-ouille 59/62, Écolectif Dégaze
Gignac et Environs 34, Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de
schiste! et Basta Gaz Alès, Garrigue-Vaunage, Collectif de Vigilance Gaz
de Gardanne, Touche pas à mon schiste, Non aux forages d'hydrocarbures
Haut-Jura, Carmen (Château-Thierry), ARPE (69)
Ce soir, France 2 a diffusé une vaste enquête sur les liens qui lient les grands fabricants de tabac (au premier rang d'entre eux Philipp Morris) et le monde politique. Il apparait que les intérêts de nombreux élus au parlement européen sont liés aux grands groupes, par le jeu d'un lobbying agressif et corrupteur à grande échelle.
Il faut voir cette émission pour se faire une idée, mais c'est affreux.
Le gros Baroso, ancien président de la Commission européenne, semble très mal assumer les conséquences de l'affaire Dalli, lorsqu'il avait limogé, en octobre 2012, le commissaire européen à la
santé des consommateurs. Affaire directement liée à la protection d'intérêts privés. Dalli s'apprêtait à proposer une directive sur l'industrie du tabac.
Un détail rigolo : Elise Lucet est en première ligne dans cette enquête. Elle mène elle-même et sans concession des interviews serrées. Or elle avait fait l'objet d'une intervention de Pierre Carle dans un de ses derniers films dont je parlais dernièrement ici même (Fin de concession). Sommée de répondre sur les liens qui existent entre politique et entreprise privée, elle s'en sortait d'ailleurs fort bien, et sans gêne aucune. Or dans son enquête de "CASH Investigations" sur France2, son équipe reprend une technique de Carle : l'interventionnisme surprise, en cas de refus des personnes sollicitées de répondre en interview loyalement. Baroso en est un piteux exemple, on le voit s'enfuir penaud et vexé qu'on ose l'aborder ainsi. Ce documentaire fait vraiment penser aux films-chocs de Pierre Carle.
Réfléchissez à l'espace de liberté de déplacement concédé à un enfant de huit ans.
En principe, l'exemple donné ici sur la carte, qui concerne Sheffield, au centre de l'Angleterre, est duplicable en France dans nos cercles familiaux. L'espace de liberté accordé aux enfants ne cesse de se réduire, au point d'être aujourd'hui réduit à rien.
Ici, l'arrière-grand-père, à huit ans, pouvait aller pêcher à environ 10 kilomètres de chez lui. Vers 1919.
Le grand-père, vers 1950, s'éloignait d'un ou deux kilomètres maximum.
En 1979, la maman ne s'éloignait que de quelques centaines de mètres du domicile (peut-être, la différence de sexe explique t-elle la tolérance moindre...)
Le fils aujourd'hui n'a comme horizon de liberté que le bout de sa rue.
Sans doute l'étude de cas particuliers ne montrera pas à tout coup un rétrécissement graduel régulier comme celui-ci. Plein de critères différents entreront en ligne de compte (réputation du quartier, situation rurale/urbaine, intégration de la famille dans le tissu local, caractère des enfants, etc...) qui perturberont sans doute l'évolution.
Mais le constat est quand même intéressant : les statistiques montrent qu'il devenait de moins en moins dangereux de sortir de chez soi, l'espace de liberté accordé aux enfants aurait donc dû s'élargir...